La Conscience Dissertation Philosophie

INTRODUCTION
Une illusion est un terme qui peut être pris au sens propre et au sens figuré. Au sens physique, une illusion est un leurre engendré par les sens, et qui subsiste malgré la connaissance que l’on a de ce leurre. Par exemple, j’ai beau savoir que la Terre évolue dans l’espace à grande vitesse et en révolution par rapport au soleil, j’ai l’illusion par les sens que notre planète est immobile, parce que mes perceptions sont assez limitées quant à mon environnement.
Quant à l’illusion au sens figuré, il s’agit d’un leurre spirituel et qui a tendance à subsister malgré la connaissance que l’on en a . La vie de l’esprit génère t-elle en l’être humain des leurres puissants ? La conscience favorise t-elle l’apparition de mirages , ou , au contraire, tend-elle à faire disparaître les fausses idées que l’on se fait à propos de la réalité ?

PREMIÈRE PARTIE : LA CONSCIENCE GÉNÈRE DES ILLUSIONS

La conscience produirait des illusions, parce que d’abord la vie est difficile bien souvent ; l’esprit s’ingénierait alors de manière individuelle ou collective (comme dans le cas des religions) à inventer certaines idées, ou certaines conceptions de la vie pour se faciliter l’existence. Ainsi le philosophe Nietzsche affirmait : « Nous ne vivons que grâce à des illusions ». Autrement dit pour être sage, il faudrait un peu de folie ; et celui qui n’aurait pas un peu de folie ne serait pas aussi sage  qu’il croit. Mais il ne suffit pas de constater que nous avons besoin d’illusions, il faut déceler l’origine de nos chimères… Mais par laquelle commencer ? Nos yeux se déscillent et notre conscience vacille …

1) Les illusions de jeunesse, liées à l’enfance

On le constate sans cesse par le biais des programmes télévisuels pour enfants ou en regardant des dessins animés : le monde des enfants et celui des grandes personnes n’est pas tout à fait le même !
Il y a une pureté, une candeur dans l’enfance qui sont liées au manque d’expérience ; ce n’est pas lié à de la niaiserie, mais à la pureté du cœur non encore corrompue par le monde des adultes.
Les illusions enfantines varient d’un jeune cerveau à un autre, mais globalement on retrouve des points communs : illusion d’être éternel, croyance que la mort ne nous atteindra jamais ou dans un temps très éloigné ; croyance aussi que l’on peut faire confiance à la plupart des adultes rencontrés ; croyance en une forme immanente de bonté dans l’univers comme on le voit avec la légende de Saint Nicolas, ou l’invention du père Noël. Les enfants ont tendance à croire en l’Amour, aux sentiments désintéressés ; ils ne sont pas encore « usés » par la vie. C’est le monde enchanté de l’enfance, tous les sentiments paraissent grands, et les adultes paraissent « sages », et quand on est amoureux, il suffit de se prendre la main pour être heureux.
La première désillusion, c’est quand on commence à percevoir que le monde des adultes « va vraiment de travers ». La première désillusion, c’est de découvrir peu à peu que les actions humaines sont régies non par la sainte trinité, mais par cette terrible tripartition : « argent, pouvoir, sexe ». S’apercevoir de ceci prend un certain temps et le véritable humaniste s’illusionnera toujours un peu dans la mesure où il croira toujours en son idéal . Ainsi, c’est par exemple, la phrase de Jésus crucifié à ses bourreaux : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font… ». Mais si justement … , ils savent très bien ce qu’ils font ! Et c’est cela le plus grave, mais en même temps peut-on dire de Jésus  comme à propos du prophète Zarathoustra de Nietzsche : « Rien qu’un fou, rien qu’un poète ! » . Non objectivement, c’est le plus grand génie moral que la Terre ait porté, et le temps historique se mesure par rapport à son existence : en histoire, il y a avant ou après Jésus Christ . Jésus est donc considéré d’un point de vue métaphysique comme la Présence Totale puisqu’il est la marque même du temps historique.
Mais donc, tout cela pour dire que la première des désillusions, c’est de apercevoir que notre force d’amour va se heurter aux dures réalités de l’existence.

2) Les illusions créées par la mesure du temps

Ensuite une des grandes illusions issues de l’esprit humain est celle liée au temps en tant que tel. La mesure du temps est une conquête de l’âge moderne, le port des montres ne s’est, en effet, répandu qu’à partir de la seconde moitié du XVIIème siècle. Avant, au Moyen-âge, les gens ne suivaient pas des horaires stricts et se fiaient aux sons des cloches des églises pour se repérer dans la journée. Donc, hormis dans les monastères et les couvents qui ont  toujours été la plupart du temps régis par des règles assez sévères, la population de l’Occident vivait quelque peu « dans un flou artistique » en ce qui concerne la mesure du temps. Mais cela ne  posait pas de problèmes très graves  à la société, car celle-ci n’avait pas encore de dimension industrielle, et la plupart des individus avaient pour métier le travail de la Terre. Or, dans l’agriculture, ce n »est pas indispensable de bêcher son champ à un quart d’heure près. Autrement dit, les gens « prenaient plus le temps de vivre » que dans une civilisation technologique et industrielle. Le souci de rentabilité des usines impose que l’on suive des horaires précis afin que la production industrielle d’objet manufacturés ne soit pas perturbée. Le problème, c’est que cette mesure du temps n’est pas le temps réel, vécu par la conscience, c’est à dire la durée. Celui qui a démontré l’illusion liée à la mesure du temps est le philosophe Henri Bergson, notamment dans son premier ouvrage important : Essai sur les données immédiates de la Conscience. Bergson, dans ce livre, nous dit que la mesure du temps est une sorte de leurre pour l’esprit ; en effet, la mesure du temps ne s’effectue que par l’intermédiaire d’une traduction de l’espace en données temporelles. Par exemple, si on regarde une montre, on voit que c’est un espace circulaire découpé en points-instants et que l’heure y est calculée par rapport à un repères d’aiguilles pointées vers telle ou telle position dans l’espace.
Autrement dit, le temps se mesure par les positions simultanées des deux aiguilles (une pour les minutes, une pour les heures) dans un espace circulaire. Or ce processus de mesure du temps se fait par rapport à un cadre spatial. La mesure du temps est donc une traduction du temps en espace, une sorte d’illusion par conséquent, et pas le temps lui-même ressenti par la conscience. Ainsi sur une montre, une heure en vaut toujours une autre, 60 minutes sont toujours égales à 60 minutes ; c’est le même tour de cadran qui s’effectue d’heure en heure. Pourtant toutes les heures qui s’écoulent ne sont pas équivalentes au niveau du ressenti de la conscience. Ainsi, c’est un fait avéré que pour tout être conscient, une heure passe plus ou moins vite selon que l’on est occupé ou pas, que l’on s’ennuie ou pas, que l’on souffre ou non. Tout être humain peut expérimenter que lors de douleurs intenses, même si cela ne dure pas longtemps ; on a l’impression que les secondes s’allongent et ne passent plus. Au contraire, si on est occupé sainement à une tâche ; on a presque l’impression que les heures filent « à une vitesse folle » ; et l’on s’écrie « déjà » !? d’un air étonné en lisant l’heure.
Donc, selon le ressenti de la conscience, le temps est une continuité, alors qu’au niveau de sa mesure, c’est un espace découpé en points-instants (ce qui est une illusion). En effet, le temps réel est le temps vécu selon la conscience pour Bergson, c’est à dire la durée. Le temps n’est pas une succession de moments saccadés au niveau de la conscience, mais un écoulement incessant où les secondes s’engendrent les unes les autres par le biais de la mémoire. Car « qui dit conscience, dit aussi mémoire »(Bergson) ; ainsi un instant n’est jamais « pur », il est toujours rattaché à d’autres. Ainsi une personne qui oublierait sans cesse qui elle est et ce qu’elle fait serait dans un état d’inconscience totale. Le temps, si on peut se permettre une image spatialisante, est un peu comme le sable qui s’écoule dans un sablier ; sauf que dans l’existence concrète du vécu, on ne peut jamais retourner le sablier, car la durée est irréversible. Alors le temps est comme semblable à un tas de sable qui ne cesserait de s’accroître, le passé s’accumulant dans le présent pour faire le projet de l’avenir. Le temps s’écoule, il dure au niveau de la conscience, et la mesure du temps nous donne l’illusion que l’on peut maîtriser le temps, alors que c’est une dimension incontrôlable, car irréversible. Je peux remonter les heures sur le cadran des aiguilles de ma montre ; mais dans la durée réelle, cela est impossible. La mesure du temps est donc illusoire car elle ne rend pas compte de l’épaisseur de la durée. Je ne peux remonter le cours du temps que par la mémoire, mais un souvenir n’a jamais la fraîcheur de l’instant quand il était réellement vécu. C’est pourquoi la deuxième fois n’est jamais comme la première fois, car justement la seconde fois que je fais quelque chose, j’ai le souvenir de ma première fois, donc ce n’est plus pareil. L’attrait de la nouveauté et de la découverte a disparu ; c’est pourquoi le premier amour vraiment ressenti par la conscience garde, conserve toujours un aspect quelque peu nostalgique ; car , en général, c’est le moment le plus poétique du « roman personnel » de l’âme de chaque individu ; et c’est là qu’il faut décrire le troisième type d’illusions générées par la conscience : les illusions liées au sentiment amoureux.
Mais résumons bien d’abord : la mesure du temps peut me faire croire illusoirement que j’ai une maîtrise du temps, mais en fait « le temps perdu ne se rattrape jamais » au niveau de la conscience. L’illusion de la maîtrise du temps est donc bel et bien engendrée par la conscience, car les bêtes, les animaux (qui n’ont pas de conscience réelle) n’ont pas de repères précis temporels du cours de leur existence, si ce n’est la course du soleil dans le ciel (ce qui est une mesure floue, car selon les saisons, la durée de l’ensoleillement varie ; par ailleurs selon qu’il y a des nuages ou pas, la luminosité est changeante). Seuls les êtres conscients, c’est à dire les êtres humains ont su créer une telle mesure du temps ; donc la conscience produit des illusions terribles, mais la plus belle de toutes est celle de l’Amour.

3) illusions liées au sentiment amoureux

Cette illusion provenant du cœur est aussi liée à la conscience ; car les sentiments n’existent vraiment pleinement qu’en l’être humain. Seul l’être humain peut ressentir le sentiment amoureux ; dans l’animalité , le lien affectif existe mais il est plus lié à l’instinct de reproduction que chez l’homme. Cela se remarque déjà d’un point de vue physique, puisque dans le règne animal, le mâle monte la femelle de dos, alors que les êtres humains « font l’amour », ce qui suppose une position physique « face à face ».
Le sentiment amoureux est produit d’abord intuitivement par le cœur, puisque c’est l’esprit qui prend le relais aux premiers émois du cœur pour amplifier le phénomène. L’écrivain Stendhal dans son ouvrage De l’Amour a démontré que le sentiment  amoureux est illusoire en grande partie, car reposant sur le phénomène de la cristallisation.
Qu’est ce que le phénomène de cristallisation ? Stendhal nous dit que le processus amoureux est semblable au phénomène que l’on trouve dans les salines de Salzbourg ; on prend un bout de bois tout simple et on le plonge dans l’eau salée, il finit par ressortir couvert de cristaux étincelants au soleil. Le vulgaire bout de bois sous les éclats du soleil brille désormais comme un bijou. De même, dans le processus amoureux pour Sthendhal, on tombe sous le charme d’une personne humaine, et par les sentiments, on la pare de toutes sortes de qualités en grande partie illusoires. Par le biais du sentiment amoureux, la personne désirée devient exceptionnelle. Comme le dit familièrement le proverbe : « l’amour rend aveugle », c’est à dire que les qualités de la personne aimée sont exaltées, tandis que l’esprit ne s’attarde pas trop sur les défauts. Donc, l’amour nous donnerait le plus souvent une vision illusoire de l’être auquel on s’attache.

4) illusions liées à l’argent

Mais une autre source d’illusions pour les êtres conscients, est celle liée à l’argent. En effet, les inégalités sociales génèrent soit la mésestime de soi, soit la surestimation de soi. Les gens riches ont l’illusion d’être des personnages importants, des gens de valeur parce que les autres sont intéressés par l’argent qu’ils peuvent donner. Le statut social lié à l’argent n’est pas la valeur intrinsèque d’un individu donné, mais c’est souvent ce que croient les gens aisés car cela flatte leur ego. De même, a contrario, la pauvreté génère la méfiance et le rejet d’autrui. L’individu défavorisé par sa condition sociale aura en général tendance à se sous-estimer.
Il y a des personnes aussi qui s’illusionnent en pensant pouvoir acheter les sentiments comme l’amour et l’amitié. Ainsi, il arrive assez régulièrement aux gens riches de dispenser de l’argent pour s’attirer la bienveillance des autres. C’est par ailleurs, un fait bien observé que les hommes riches trouvent plus facilement des partenaires « jeunes et jolies » que les hommes moins socialement favorisés.
Un philosophe comme Pascal dans ses Pensées radicalise ce point de vue sur la société en affirmant que la vie humaine « est une illusion perpétuelle », « on ne fait que s’entre-tromper et s’entre-flatter ». La plupart des individus ont toujours des illusions sur autrui, car du fait de la conscience, on ne dit pas tout haut tout ce que l’on pense, tout simplement pour la bonne raison que si on se mettait tous à se dire nos « quatre vérités », la vie sociale ne serait même plus possible. La société humaine génère le problème de l’hypocrisie tout simplement parce qu’on ne peut faire autrement !
Quand on est conscient, on se parle à soi-même, et dans son for intérieur, « on a toujours la liberté de penser ce que l’on veut ». Cependant, du fait que l’on puisse cacher sa pensée et ses intentions profondes vis à vis d’autrui ; il y a dans le genre humain une duplicité qui ne se rencontre jamais dans le règne animal. Voilà pourquoi fondamentalement, la conscience peut provoquer des illusions.
Mais un autre phénomène à affronter pour l’espèce humaine est la pensée de la mort, et là bien souvent les individus se leurrent, s’illusionnent avec des vues religieuses.

4) illusions liées à la religion

C’est sans doute la conscience de la mort, de la finitude qui a contribué à l’apparition du phénomène religieux. Beaucoup d’individus se consolent en s’illusionnant sur un au-delà où ils seront enfin récompensés et heureux.
Ces illusions sur l’au-delà sont naturelles à l’homme puisque comme le disait La Rochefoucauld : « Ni le soleil, ni la mort ne se peuvent regarder en face ». L’homme ne supporte pas longtemps la pensée qu’il est un être éphémère. A cause de la conscience, il y a le désir d’éternité. Seul l’être humain a vraiment conscience de la mort, ainsi seuls les hommes font des sépultures et des tombeaux pour les morts. Dans le genre animal, les animaux les plus intelligents n’ont pas une telle lucidité sur leur condition mortelle ; la preuve en est, il n’y a pas de cimetière chez eux.
L’angoisse de la mort est une des craintes les plus terribles pour un être conscient, la croyance au Paradis est donc une illusion nécessaire pour beaucoup. Cependant, à trop s’occuper de leur vie après la mort, beaucoup d’humains délaissent  leur vie sur Terre ; ce qui est absurde pour une personne de bon sens puisque notre existence sur Terre est la seule dont nous puissions être vraiment certain.
La croyance au Paradis est de plus une illusion qui en génèrent d’autres, comme par exemple celle « d’être un  élu de Dieu » ; alors qu’en général, il s’agit d’une question de vanité et d’orgueil. Chez les Bantous, dans leur philosophie orale africaine, il y  a aussi la croyance d’un Dieu bon et omniscient ; mais ils sont d’une lucidité terrible, car pour eux si Dieu existe, il faut être arrivé à un degré de conscience supérieur pour qu’une prière monte jusqu’à lui et qu’il daigne améliorer notre sort.

TRANSITION , LIMITES DE CET ARGUMENT ; DIEU ET LE PARADIS SONT DES ILLUSIONS

Mais la croyance en Dieu ne peut être qualifiée d’illusion à part entière, dans la mesure où même en étant des plus rationalistes et des plus scientifiques qui soit en matière de philosophie métaphysique ; on ne peut s’empêcher en regardant la nature et ses beautés : (fleurs, fonctionnement des organismes, paysages magnifiques) de s’avouer qu’il « y a quelque chose qui nous dépasse ».
Et ce « quelque chose qui nous dépasse », la plupart des humains l’appellent Dieu. La réalité est d’une telle beauté parfois que la croyance en Dieu peut être qualifiée d’instinctive, ou du moins, comme le philosophe Descartes, nous dirons que « c’est une idée innée » dans le cœur de l’homme.
Mais avec les illusions d’ordre religieux, nous sommes obligés de reconnaître qu’il s’agit de croyance, et donc on ne peut affirmer à 100 % que ce sont justement des illusions.
Par ailleurs, s’il y a bien un phénomène qui n’est pas illusoire, c’est celui de la conscience. La conscience serait même une certitude absolue, le contraire même de l’illusion !

DEUXIÈME PARTIE : LA CONSCIENCE NE PEUT PAS ÊTRE ACCUSÉE DE GÉNÉRER BEAUCOUP D’ILLUSIONS PUISQU’ELLE EST LA CERTITUDE MÊME .

Premier argument : La conscience ne peut pas engendrer que des illusions, puisqu’elle est la vérité première.

Le philosophe qui a démontré ceci est Descartes. Cette vérité première qu’est la conscience est longuement déduite notamment dans les deux premières méditations de l’ouvrage les Méditations Métaphysiques. Dans ce livre, Descartes se met à douter de tout, et il s’aperçoit qu’il n’y a qu’un fait qui soit absolument indubitable : la conscience.
Descartes commence par douter des opinions qu’il a reçu  par le biais de son éducation, puis il se met à douter de la véracité de ses sensations (si ça se trouve, se dit-il, je ne suis pas vraiment en train de percevoir la réalité, mais je suis en train de rêver ; par ailleurs les sens sont souvent trompeurs) . Descartes se met à douter de la conscience chez autrui (si ça se trouve, se dit-il, je ne suis pas vraiment en train de voir des humains qui passent dans la rue, mais ce sont des automates). Descartes se met même ensuite à douter des vérités mathématiques (si ça se trouve , se dit-il  2+2 ne font pas 4 mais 5!). Enfin le philosophe se met à essayer de douter de son esprit ; (si ça se trouve je n’existe pas, pense t-il ). Mais justement pour penser : « je n’existe pas », il faut être ! Et quand bien même rajoute Descartes, il y  aurait un « malin génie » qui s’amuserait à me tromper, même si je pense faux, n’empêche que je pense. Et cela est un fait indubitable et absolument certain : .cogito ergo sum ,« je pense donc je suis » La conscience est à elle-même sa propre lumière. Aussi Descartes dit que comme vérité première on peut dire de soi en tant qu’être conscient : « je suis une chose qui pense ». La conscience, en tant que vérité première, est donc le contraire d’une illusion !

Deuxième argument : Ce n’est donc pas la conscience qui provoque des illusions, mais, au contraire, c’est le manque de conscience qui génère des illusions.

Il suffit d’étudier le sens des expressions du langage commun sur l’illusion pour s’apercevoir de ceci. Prenons l’expression commune : « une prise de conscience ». Qu’est ce qu’une prise de conscience? Avoir une prise de conscience signifie dans le langage courant que l’on s’enlève ses illusions sur quelque chose ou quelqu’un.
De même quand on dit que quelqu ‘un « a de la conscience », cela veut dire que cette personne ne se fait pas d’illusions. Par exemple, de nos jours, l’opinion publique n’a pas encore suffisamment conscience des dangers de la pollution sur l’environnement.
« Être dans l’illusion » signifie au contraire qu’on se fait des idées, qu’on n’est pas conscient de quelque chose.
Mais quand on prend conscience de quelque chose, cela se fait souvent dans une certaine violence.
Et quand on dit que quelqu’un « a perdu ses illusions », cela veut dire qu’il ou elle a enfin ouvert les yeux. Quand on perd ses illusions, c’est généralement liée à l’expérience, plus précisément l’expérience de la déception.
La déception est la plus grande désillusion  qui soit, c’est s’apercevoir qu’on aime sans être aimé(e) en retour, c’est avoir le cœur brisé. La déception est l’expérience ultime de la désillusion, et cela s’accompagne toujours d’une prise de conscience.

CONCLUSION
En résumé, on voit bien que la conscience génère plus de désillusions que d’illusions. C’est pourquoi trop souvent, on confond « avoir un idéal » et « se faire des illusions ». L’illusion et l’idéal ne sont pas des termes synonymes. L’illusion nous aveugle tandis que l’idéal nous transporte, sublime nos actions et nos pensées.
La conscience a besoin d’idéal, mais elle n’a pas besoin d’illusions, la philosophie est d’ailleurs même la discipline où l’on traque et attaque les illusions puisque comme l’a dit Schopenhauer : « La philosophie, c’est la chasse aux préjugés ».

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Nous allons étudier le concept de conscience en philosophie générale. Nous verrons en quoi ce terme est associé à celui de réflexion Quel sens peut-elle avoir dans l’antiquité et dans la philosophie classique ? Comment la comprendre au niveau phénoménologique ? Quelles sont ses origines ? Nous nous demanderons en quoi l’être humain est conscience et tenterons de définir ce qu’est un être conscient. De la conscience au sens de science avec soi même, nous verrons comment et en quoi, l’expérience de soi peut glisser dans une expérience morale. Nous analyserons également des différents niveaux de conscience depuis la conscience spontanée jusqu’à la conscience réflexive. Nous tenterons de répondre à une série de questions comme qu’est-ce que le soi ? Est-ce toute conscience ?  Un sujet particulier ? Une introspection? Une ouverture sur le monde et si oui en quoi ?

La conscience signifie cum-scientia au sens littéral. Le terme conscience est associé à celui de la réflexion.

 

Sartre a démontré l’existence d’une conscience irréfléchie, qui n’est pas conscience de soi. Dans l’antiquité, la conscience n’était pas la base de la métaphysique, comme connaissance de soi. Selon Descartes, on peut tout reconstruire à partir de la conscience, la conscience comme fond métaphysique est le « je », le « moi ». Elle est donc associée à la connaissance, au savoir. Pour Saint Augustin comme pour Descartes, elle est la base de la méthode et des réflexions métaphysiques, « je me trompe donc je suis », Descartes en a fait la base de tout son système. Montaigne estime que la science sans conscience n’est que ruine de l’âme. La connaissance est assimilée à la sagesse, la conscience n’est pas la base de la métaphysique, il faut y joindre une réflexion morale.

 

Dans la philosophie classique, la conscience est le sujet pur isolé du monde par opposition aux modernes pour qui, elle est un mouvement vers le monde, un intentionnalisme. Dans la philosophie antique, la connaissance de soi est perçue comme première vérité métaphysique. Dans la phénoménologie, toute conscience est une connaissance, toute connaissance est un acte de conscience; La conscience n’existe que dans son acte. Husserl affirme que « toute conscience est conscience de quelque chose », c’est la recherche d’une conscience pure.

 

Mais il y a une unité derrière la pluralité des visées qu’elle soit rêveuse, oublieuse, connaissante. Il s’agit des visées intentionnelles d’Husserl. La conscience est transcendantale, non au sens théologique, mais au sens d’aller vers, les visées intentionnelles nous tournent vers l’ego transcendantal. De ce fait, la conscience nous révèle notre relation au monde. L’unité pure transcendantale conditionne toute expérience a priori. Cette conception s’oppose à la conception classique. L’unité pure transcendantale n’existe que chez le philosophe Husserl.

Nous allons tenter d’élucider le concept de conscience du point de vue de la philosophie, de l’attitude philosophique de la conscience et non du point de vue moral ou psychologique. En quoi l’être humain est il conscience ? Qu’est-ce que l’être qui est conscient ? La sensibilité de la philosophie chrétienne et moderne limite la conscience. Nous avons la conscience sensible qui la réduit à l’animalité; Le christianisme sensibilise l’homme, c’est un sentiment de soi, une conscience de soi. Dans la philosophie antique, la conscience signifie raison tandis que dans la philosophie moderne, la conscience est raison avec quelque chose qui n’est pas de l’ordre de la raison, est-ce une matière ? Un corps ? De l’animalité ? La question reste ouverte.

 

Nous savons que pour Descartes, le sujet est le héros philosophique en matière de philosophie de la conscience. Le « je » est le « je » théorique qui fonde le savoir vrai, c’est le « je » épistémologique, celui de la connaissance. La conscience signifie « science avec ». « Avec », renvoie au savoir du savoir, c’est-à-dire, savoir qu’on sait. La conscience fait référence au sujet, « avec » un sujet, moi-même. La traduction de cum-scientia veut dire, complicité avec moi-même. La conscience se découvre dans son dédoublement, le « je » se découvre avec lui-même. La conscience veut donc dire, science avec soi-même. La conscience de moi-même nous dirige vers une forme de culpabilité, la conscience de ma faute autrement appelée le surmoi dans le langage de la psychologie. C’est l’expérience de soi dans une expérience d’ordre moral. Connaître suppose un « je » qui connait la chose connue. L’être conscient du monde sous toutes ses formes et l’être au monde sont identiques en quelque sorte. Le monde et l’être au monde signifie être conscient du monde du fait d’être au monde. Mais quel est le statut de la conscience? La naïveté de la vie dans le sentiment d’être au monde peut nous ramener à un inconscient de la conscience, seul un être conscient peut être inconscient.

 

En outre la conscience morale s’oppose à la conscience psychologique, non morale. Cette dernière ne se rapporte qu’à la conscience des faits, de l’expérience du monde, c’est la conscience empirique, l’expérience de la présence du monde, des sentiments de la volonté. Tandis que le sentiment d’être au monde nous pose comme un état de la perception, un être dans la présence, c’est être présent dans un monde qui m’est présent. Le monde est vécu, est perçu comme un état de l’expérience mais pas encore comme une expérience. Pour Husserl, « toute conscience est conscience de quelque chose », « toute conscience est conscience d’objets, c’est-à-dire, d’autre chose que la conscience. Nous sommes en face de la conscience; Nous naissons au monde dans le percevoir, nous sommes projetés. L’intentionnalité définit la conscience comme le fait d’avoir une conscience spontanée par le seul fait de naître au monde dans le percevoir. L’intentionnalité est une direction, une intention. C’est la conscience de quelque chose qui se porte vers. Nous avons ici la manifestation de l’être ou des êtres dans leur totalité. C’est la traduction grecque de « phénomène » : apparaître. Elle est par conséquent une apparition du monde, le monde est-ce qui paraît et paraître, c’est être au monde. Il y a donc réciprocité.

 

Nous avons une scission entre le sujet qui a conscience et ce dont il a conscience, le sujet et l’objet de sa conscience. L’apparition du monde prend le sens suivant, c’est un état de ce dont l’homme a conscience et non pas le fait qu’il soit conscient d’être au monde. Il y a une antériorité au sein de laquelle j’émerge, « il y a un monde ». Ainsi la conscience spontanée est une ouverture sur le monde, c’est un aller et retour vers l’origine. Mais l’être conscient peut il se tourner vers son acte de perception? L’objet qui se réfléchit n’a pas conscience de lui-même. Or, la conscience est celle qui peut réfléchir et se découvrir comme conscience réfléchie.

 

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